jeudi 30 octobre 2014

Alors voilà,...

J'ai eu l'idée saugrenue il y a maintenant 2 ans de me lancer dans des études pour être infirmière. J'avais mon BAC depuis 5 ans, et rien de plus si ce n'est des essais pas réussis à la fac et surtout une flopée de petits boulots. J'ai eu mon concours, je déménageais dans la capitale et j'étais financée par Pole Emploi, la vie était belle et pleine de promesses.
Et puis les cours ont commencés. Les stages aussi. Et maintenant que je suis en 2 ème année et que j'entame un énième stage, je me suis dit que j'allais écrire ce qui m'arrivait pour déverser tout ce stress ailleurs que dans les oreilles de mes copines étudiantes avec moi (donc tout aussi stressées), mes copines non étudiantes (donc qui ne saisissent pas vraiment tout ce stress) ou ma tendre et brave mère (qui est elle-même suffisamment stressée comme ça).
Je suis donc en stage depuis hier. Et déjà je le sens mal. Je dois tenir 3 mois dans ce service et les 12 premières heures sont déjà rudes. Les premiers jours de stage sont toujours rudes. On est pas bien, mal à l'aise, on connaît personne ni comment les équipes fonctionnent, on est pas sûrs de soi et on a très peur de se faire mal remarquer. Alors ma technique à moi c'est de repérer au plus vite l'infirmière qui m'est attribuée (en général elle n'est non seulement pas au courant qu'une stagiaire débarque mais qu'en plus elle va devoir se la trimbaler dans les couloirs, comme si elle avait pas assez de boulot non mais franchement..) et de devenir son ombre. Je pose des questions pour essayer de piger plus vite, même au risque de passer pour une simple d'esprit, mais faut que je pige là et vite, parce que dès que j'ai pigé, je peux faire seule et espérer avoir une complète autonomie et éviter de me sentir gourde trop longtemps.
Mais là, ça va être dur. J'ai débarquée à 8h00 même si on m'avait dit 8h15 et apparemment on aurait du me dire 7h15 en fait donc même si c'est pas ma faute je suis en retard et ça l'arrange pas à elle tu comprends, elle a sa tournée à finir... Et puis en plus la cadre est pas là alors que c'est elle qui doit me remplir tous mes papiers. Bref, ça commence super bien je me sens encore plus jouasse.
Et puis alors que j'essaie de faire la conversation et de comprendre comment marche le service, mon infirmière m'écoute d'une oreille et me lâche dans les couloirs pendant qu'elle rentre chez les patients en me claquant la porte au nez. OK.
L'aide soignante avait l'aire sympa, mais en fait non. Elle est sympa avec l'infirmière et elle lui parle beaucoup mais elle fait généralement genre que je ne suis pas là. OK.
Une seconde infirmière arrive, elle est en retard j'ai entendu l'AS et l'IDE lui lancer des piques dans son dos et se faire des inside joke sur le sujet (non non mais continuez à faire comme si j'étais pas là et puis si je vous dérange vraiment dîtes le parce que je vous assure que je préférerai être sous ma couette là maintenant de suite). Elle a l'air gentille la nouvelle, c'est con que je sois pas avec elle mais elle a déjà une autre étudiante depuis un moment qui se présente à moi (réflexe de l'étudiant en stage, si tu te présente pas personne va se présenter à toi). Ma copine de tranchée me prend sous son aile et j'en suis reconnaissante. Elle m'explique enfin comment fonctionne le service et un peu la marche à suivre. Elle me fait faire un mini tour (enfin! ça ne fait que 2h que je suis là!) et me demande qui est la cadre qui m'a accueilli. "Euh... ben en fait j'ai pas vu de cadre encore. Mais on m'a dit qu'elle doit arriver..." "Non mais elle est là la cadre, c'est elle là!" me lance mon infirmière qui finalement n'est pas complètement sourde au son de ma voix. Ah oui d'accord mais moi en même temps si on me dit pas je peux pas deviner... "Mumu, y'a l'étudiante là, regarde" (oh joie d'être désignée si respectueusement). Et la fameuse Mumu de répondre "bah oui je sais! mais je vous avez dit qu'elle arrivait non?! ben alors elle est là c'est normal!" OK.
J'ai réussi au final à faire un peu. On m'envoyait dans des chambres prendre des tensions mais on me disait pas qui était le patient et pourquoi il était là. Ensuite on me reprochait de pas avoir vérifier son pansement. Ah ok il a un pansement. Bon j'y retourne. Puis j'avais pas pris la température ou la saturation en oxygène. Ah bon? euh... il fallait? Bah oui enfin! J'y retourne. Bref. Donc j'ai compris les protocoles sur le tas. Après m'être fait reproché de pas savoir d'instinct ce qu'il fallait faire. OK
L'autre étudiante m'a sauvé la fin d'aprèm. D'abord parce qu'elle me parlait et elle s’intéressait à moi en tant que personne humaine, ensuite parce qu'elle a demandé si elle pouvait me montrer des soins que je n'avais jamais vu... Et ensuite une interne a demandé a emprunté ma nouvelle copine pour lui montrer les urgences avec un cas assez rare. Flûte! Et moi alors? Ben moi les internes ne m'ont pas remarqué encore je pense. J'ai essayé de me présenter à eux mais c'est leur derniers jours avant d'entamer un nouveau service et ils ont plus vraiment l'utilité d'apprendre le nom et la fonction des nouveaux visages qui débarquent... Peut être que j'aurai du me montrer plus audacieuse et carrément demander "Ça a l'air très intéressant comme cas, est-ce que je peux me joindre à vous?" mais je me sentais vraiment pas audacieuse.
Ensuite, rien. Le néant. C'tait très calme comme journée m'a-t-on dit. J'espère. Parce que regarder l'heure tournée de 15h à 19h c'est long. Surtout quand on se sent si mal. Oh, y'a bien eu quelques patients qui ont sonnés pour demander un verre d'eau ou la télécommande de leur télévision dans la chambre, mais globalement j'ai fait semblant de lire des dossiers en attendant qu'on me dise que je pouvais rentrer chez moi... 
Bref, j'étais contente de partir, et de savoir que je n'avais qu'à revenir 3 jours plus tard. Mais en sortant Simone, ma "prof principale" à l'école voulait que je justifie mon absence de la semaine. Comment te dire Simone, que j'avais accumulé tellement de fatigue durant les semaines de cours dont les 3/4 sont une perte de temps et à force de faire des devoirs qu'on nous demande de faire avant d'apprendre de quoi il s'agit, sans compter le stress des cours à rattraper, des 13h d'anglais sur internet à faire et des demandes inconsistantes d'avant stage, que ben oui, lundi, je suis restée chez moi, ça te va comme justification ça Simone?
Lundi je dormais en me disant qu'il fallait que je sois en forme pour mon stage.